DEVIL MAY CRY

Plate-forme PlayStation 2 (JP)
Genre Action
Editeur Capcom
Développeur Capcom
Date de sortie 23 août 2001 (JP)
Texte 8335 caractères
Captures 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La genèse de Devil May Cry est quelque peu étonnante puisque selon les dires de ses créateurs, le projet original n'était autre qu'un épisode de la saga Resident Evil. A mesure que le projet avançait, de nouvelles idées ont germés dans l'esprit des développeurs et il a été décidé d'en faire un jeu totalement à part, tant on s'éloignait de Resident Evil avec des scènes d'action d'un genre nouveau et un univers particulier. Les premières images et démonstrations ont immédiatement propulsées Devil May Cry (DMC pour faire plus court) au rang des jeux les plus attendus toutes consoles confondues tant les diverses présentations du jeu ont fait sensation. Personne ne s'y été trompé, DMC fait parti de ces quelques jeux qui exploitent correctement les ressources de la PlayStation 2 (ce qui n'est pas une mince affaire) mais c'est surtout le look du jeu lui-même qui le rend attrayant.

Il s'agit d'un jeu d'action avec une réalisation phénoménale dans une ambiance gothique à souhait qui n'est pas sans évoquer une série culte bien connu des anciens joueurs, celle des Castlevania. Le tout avec un héros très charismatique n'hésitant pas à prendre des poses (d’où le verbe « poser ») très esthétiques pour détruire ses ennemis. Un jeu donc très prometteur, attendu comme une sorte de messie par les fans de jeux d'actions, quelque peu affamé depuis les passages vers la 3D. Seulement un certain nombre de points restaient à préciser comme la durée de vie, la variété ou les angles de vue, éléments que l'on ne peut cerner avec une simple démonstration du jeu. Voyons donc ce qu'il en est exactement à propos de ce petit bijou technique.

Action, Aventure ou les deux ?
Les premières interrogations qui subsistent tiennent au principe du jeu lui-même. Que l'on ne s'y trompe pas, Devil May Cry est un jeu d'action avec, certes, une part accordée à la recherche (voir aux énigmes) mais il s'agit avant tout du plus monumental défouloir jamais rencontré dans l'univers des jeux vidéo. Pour avancer, le premier objectif est d'éliminer tout les monstres à l'écran, ensuite on passe, dans une seconde étape, à de la recherche voire de la réflexion. Pour cette raison, DMC n'est pas non plus un simple Beat'em All (comme Berserk sur Dreamcast, l'un des derniers bons jeux du genre) où l'on ne fait qu'avancer en détruisant dans la bonne humeur.

De nombreuses clés seront indispensables pour progresser même s'il n'est jamais bien compliqué de les obtenir. On se retrouve malgré tout avec un jeu à structure progressive de la veine de Resident Evil sauf qu'ici les énigmes ne se résument souvent qu'à détruire des interrupteurs. Assez révélateur de l'orientation du jeu. Un minimum de recherche freinera donc les plus bourrins en imposant une certaine rigueur dans l'exploration : un interrupteur dissimulé par ci, une clé que l'on a pas vu par là et l'on peut se retrouver rapidement bloqué. Par contre il y a bien un scénario mais franchement il ne faut pas trop en demander. Une trame de base, quelques personnages certes classes mais stéréotypés, il n’y a rien de bien exceptionnel mais l'ambiance est incontestablement réussie.

Ambiance gothique et démoniaque, tout est travaillé de manière à rendre un goût vraiment unique, que ce soit par les décors ou l'ambiance sonore. Les environnements ont fait l'objet d'un soin extrême dans leur modélisation et leur recherche artistique. Il faut noter d'ailleurs que le jeu est basé sur un système de points, plus Dante (le héros) détruira de monstres, plus il aura accès à de nouvelle capacité mais nous allons voir ça dans la section suivante.

L'art de "Poser"
Pour avancer dans le jeu, c'est simple, il faut détruire les monstres qui se dressent sur le chemin du héros. Ce dernier dispose, pour se faire, de deux types d'armes dont l'utilisation peut d'ailleurs se faire simultanément : une épée et une arme de tir. L'épée simple du départ sera vite remplacée par une épée maléfique permettant d'accéder à de nouveaux pouvoirs tandis que l'arme de tir de base est une paire de pistolets. Il existe assez de mouvement pour ne pas rendre la tuerie trop répétitive, ainsi Dante peut enchaîner coup d'épées à vitesse variable, foncer épée en avant, sauter, envoyer l'adversaire en hauteur pour le cribler de balle dans la foulée. Du grand art.

Dès le départ une immense impression de puissance se dégage de chacun des mouvements du héros et elle ne sera que renforcée par la suite, l'arsenal subissant, comme dans tout bon jeu d'action, une montée en puissance digne de ce nom. De nombreuses habilités supplémentaires seront disponibles au fil du jeu mais contrairement à un Castlevania, il ne s'agit pas de capacités permettant de progresser dans l'exploration mais simplement de pouvoirs pour détruire toujours plus d'ennemis.

D'ailleurs de nombreux bonus sont dissimulés permettant d'accroître la vitalité de Dante. En outre ce dernier est capable à tout moment de se transformer en créature maléfique décuplant ses pouvoirs. Les possibilités sont assez nombreuses et confortables pour assurer un bon défoulement d'autant que le héros a vraiment l'art de prendre des poses classes. Que ce soit avec les deux pistolets, le fusil à pompe ou même avec des techniques martiales (disponible plus loin dans le jeu), Dante tue avec style. Certaines armes d'ailleurs sont couplées à un esprit démoniaque comme Efrit ou Sparda conférant des pouvoirs spéciaux (double saut par exemple). Voyons maintenant en détail la réalisation elle-même de ce très alléchant défouloir.

Une réalisation impressionnante mais quelques défauts
Les premières vidéos ne trompaient pas, Devil May Cry dispose d'un moteur 3D excellent : les textures sont fines, les décors très travaillés et tout bouge à merveille. Le niveau de détail dans la modélisation des personnages est impressionnant et les matières sont vraiment bien rendues à l'exception des cheveux qui font encore un peu plaqués. Le moteur est vraiment performant et affiche une fluidité sans le moindre accrochage, les divers effets lumineux sont très beaux, on sent vraiment que DMC a fait l'objet d'un soin tout particulier dans sa réalisation technique.

L'intégralité des dialogues est parlée, donnant au jeu un aspect cinématographique assez agréable, même s'il commence à devenir assez coutumier. L'ambiance sonore est également très bien rendue avec toute une panoplie de bruitages ravageurs, les impacts extrêmes, les bruits sourds de l'épée cognant sans cesse sur les assaillants. Une ambiance démoniaque/guerrière qui se rapproche par certains aspects du très bon Sword of Berserk sur Dreamcast avec une réalisation et une jouabilité optimale.

Malgré ces évidentes qualités esthétiques et ludiques, Devil May Cry souffre néanmoins de certains défauts inhérents au style de jeu. En dépit de la panoplie de destruction, il est ultra répétitif: il manque parfois à l'action une certaine variété. On trouve bien un ou deux passages de plate-forme ou de tir sous l'eau mais rien de comparable avec la recherche et la structure d'un Castlevania, par exemple. Les angles de caméras n'offrent pas toujours une vision optimale de l'action, trop dynamiques par moment, on peut perdre certains repères notamment lors de la confrontation avec les boss, ô combien nombreux. Des défauts certes assez minimes qui ne gâchent en rien le plaisir de jeu mais certains aspects auraient gagné à être peaufinés.

Conclusion
Devil May Cry est bel et bien le grand jeu d'action attendu, réalisation sans faille, plaisir de jeu immédiat et intérêt constant, Devil May Cry ne déçoit pas un seul instant. Il s'agit à coup sûr du meilleur jeu d'action depuis des lustres même s'il n'a pas la richesse d'un Castlevania. Un jeu qui saura sûrement satisfaire l'appétit des gamers affamés sur PlayStation 2, mais pas forcément pendant des heures, sachant que l'on va passer un bon moment mais assez court.

Un jeu donc très attendu qui saura faire son petit effet dans les chaumières mais que l'on boucle assez rapidement et sur lequel on n'a pas forcément envie de revenir durant des heures et des heures. Devil May Cry est donc un peu prisonnier de son genre et de son orientation, même s'il reste somptueux. Quelques quêtes supplémentaires et surtout un gameplay un peu moins bourrin (voire inspiré de Castlevania dans la structure) donneraient sûrement un produit d'encore meilleure qualité.

Yan Fanel, décembre 2001

Les points forts
Les points faibles
- Une action frénétique, dynamique et efficace
- Quelques problèmes de caméras et de jouabilité
- Superbe réalisation technique
- Des énigmes d'une rare pauvreté
- L'évolution du personnage et l'achat de Power Up
 
- Ambiance gothique accrocheuse