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WAVE RACE BLUE STORM
Plate-forme | Gamecube (PAL) |
Genre | Course |
Editeur | Nintendo |
Développeur | Nintendo Software Technology |
Date de sortie | 14 septembre 2001 (JP) |
Texte | 8882 caractères |
Captures | 15 |
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En 1996 sortait une console qui n'allait pas connaître le succès escompté par ses créateurs, une certaine 64 bits, boudée du grand public et des joueurs fans de RPG et de jeux combat. Sans chercher à débattre sur les choix des joueurs et leur validité, il faut reconnaître qu'à sa sortie étaient lancés quelques jeux qui ont définitivement marqué de leur nom l'histoire naissante des jeux vidéo, autant pour leur réalisation et gameplay exemplaires que leur originalité. Il s'agit de Super Mario 64 (1er jeu de la machine) et de Wave Race (4ème jeu de la machine), deux excellents jeux qui se sont révélés être des références incontournables chacun dans leur domaine, la plate-forme/recherche avec Mario et la course avec Wave Race.
Ce bref historique s'impose pour rappeler ô combien ces deux jeux font encore école aujourd'hui, d'autant que Wave Race fut un précurseur indétrôné jusqu'à la sortie de sa séquelle dont il est question ici (sa couronne a résisté même aux jeux d'arcade tels que Aqua Jet de Namco ou Wave Runner de Sega). Nouvelle machine, nouvelle équipe (le jeu est passé de EAD à NST, la talentueuse branche US de Nintendo déjà responsable de l'excellent Ridge Racer 64), un principe inchangé mais déjà une énorme réussite comme nous allons le préciser dans ce test.
Premières
secondes de jeu, la claque technique...
Plusieurs choses sont notables dès les premiers instants du jeu avant
d'aller plus en avant. Les menus sont très classiques (Championnat, Free
Run, Multiplayer…) et on voit déjà les deux principaux aspects
du jeu : la course évidemment et les figures de l'autre, de la même
manière que le jeu original et 1080° Snowboarding. Derrière
les menus on se doute un peu que la durée de vie ne va pas forcément
suivre vu le peu de menu proposé et l'on se prend à espérer
des championnats et des menus cachés.
Quelques pressions de boutons et l'on arrive enfin au moment tant attendu, le premier contact avec le jeu, dans un état proche de l'excitation pour les joueurs s'ayant adonné aux joies du premier volet. Premières secondes de jeu et déjà quelques constatations, les loadings sont d'une vitesse plus qu'honorable et ne cassent en rien le rythme du jeu, mieux l'écran des loadings laisse transparaître les capacités de la console en matière de gestion d'effet…l'eau est d'un rendu jusqu'alors inconnu, ce qui augure du meilleur pour un jeu justement basé sur cet élément.
Premiers tours de pistes, premiers chocs, c'est d'une beauté renversante. Les décors sont assez simples (on retrouve certaines teintes de Ridge Racer 64 d'ailleurs, avec une palette de couleurs très chaude) et pourtant loin d'être réduit à leur plus simple expression (la ville de nuit est assez impressionnante même si tous les décors n'ont pas autant de gros polygones) mais c'est bien évidemment le rendu de l'eau qui achève les yeux du joueur. Les effets de transparences sont d'une pureté incroyable à tel point que des photos ne rendent pas le dixième de la qualité graphique du titre, la gestion des vagues est diabolique avec de la transparence et des reflets dans tous les sens, on distingue à la fois les décors qui se réfléchissent sur la surface et les fonds marins, vraiment magnifique. D'un point de vue purement technique, les premiers jeux de la machine atteignent voir dépassent par certains aspects les meilleurs jeux Playstation 2 comme Gran Turismo 3.
Le rendu est même meilleur en tout point (textures plus fines, anti-aliasing, effets mieux rendus…). Tout bouge à une vitesse soutenue sans le moindre accrochage, clipping inexistant, textures fines, on sent bien que la machine n'est pas poussé à ses limites pourtant le tout est déjà d'une beauté saisissante voir renversante pour faire un mauvais jeu de mot. Sans être une orgie polygonale, Wave Race est d'une réalisation très solide, les ralentissements sont quasi-inexistants (à une ou deux exceptions près) et le visuel vraiment agréable, les couleurs chaudes de certains décors (rouges, verts) laissent vagabonder l'esprit du joueur voir même le distraire de la course, comme les multiples petits détails (courants etc...). Le jeu est donc solide techniquement et esthétiquement bien agréable, avec son ambiance de vacance et la fraîcheur qui se dégage du jeu. On se situe bien au-dessus du rendu graphique froid et pâle d'un Splashdown pour faire un peu de comparaison.
Peu
de nouveautés mais des améliorations confortables
Le principe n'a pas bougé (fort heureusement d'ailleurs), il s'agit toujours
de piloter des Jet Ski et de remporter les championnats, assez réduits,
il faut bien l'avouer. Le nombre de piste est réduit mais les circuits
sont très différents, proposent des variantes, des sens différents
et fin du fin, des conditions climatiques influencent énormément
le pilotage, ce qui au final n'est pas négligeable. D'autre part, la
jouabilité est encore plus précise que par le passé, les
réactions des Jet Ski par rapport aux vagues (les modèles physiques
donc) sont légèrement plus poussées que dans le volet Nintendo
64, qui était inégalé de toute façon, la manette
est extrêmement agréable avec des sticks d'une grande précision.
Un système de Turbo permet de réaliser des accélérations foudroyantes (déjà que le jeu est rapide…), en passant du bon côté des bouées, la gestion de cette accélération est l'un des clés de la victoire d'ailleurs. Enfin la grande nouveauté demeure tout de même dans les changements climatiques, pluie, brume, orage, tempête, soleil éclatant…autant de variations qui vont influencer le terrain et donc le pilotage, ne manquant pas au passage de faire halluciner le joueur, les gouttes à l'écran sont incroyables, un bon éclair peut aveugler le joueur, le niveau de l'eau varie en fonction du temps, dévoilant des obstacles parfois inattendus…et ce ne sont que quelques exemples.
Bref c'est vraiment la très grande classe même si l'on est complètement dans la continuité de la série, le passage technique et ludique n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Gran Turismo 2 à Gran Turismo 3… C'est à dire une grande mise à jour technique avec amélioration de gameplay au passage.
La
grande force de Wave Race Blue Storm
Ce qui fait de Wave Race, à mon sens, un excellent jeu, c'est logiquement
son gameplay. Que l'on aime ou pas le genre, il faut reconnaître que Wave
Race est l'un des jeux de course les plus fun qui soit, la vitesse, les sensations
uniques qu'il procure associés à sa jouabilité quasi-parfaite
en font un titre passionnant. L'impression de glisser sur des vagues immenses
est très jouissive, d'autant que certains virages nécessitent
de s'aider des vagues afin d'optimiser les trajectoires. Personnellement je
trouve la conduite bien plus intéressante que sur des surfaces classiques
comme dans n'importe quel jeu de course banal. Bien apprécier les vagues,
les concurrents, lutter contre les conditions climatiques et les obstacles insuffle
au joueur bien plus d'adrénaline que le simple fait de trouver une bonne
trajectoire sur du bitume. Le seul problème est que la jouabilité,
excellente une fois domptée, n'est pas immédiate. Les nouveaux
venus pourraient avoir rapidement des difficultés à surmonter.
Après on peut ne pas aimer le style de conduite mais il faut reconnaître les qualités évidentes de ce Wave Race Blue Storm. Il y avait rarement eu une telle interaction entre le décor et le joueur dans un jeu de course, chaque vague peut être domptée, on peut utiliser le courant afin d'anticiper un virage, les possibilités sont immenses et procurent un plaisir inégalé. La marge de progression du joueur est très longue qui plus est. NST a parfaitement repris le pari fait par Miyamoto il a quelques années, celui de faire un jeu de course dans lequel l'immersion serait la plus grande possible.
Conclusion
Certains n'y verront qu'un bon jeu et pourtant dans son genre, Wave Race Blue
Storm est quelque part un Gran Turismo 3, non pas pour son réalisme mais
parce qu'il est la référence ultime du genre. D'un fun intense,
il offre des sensations proche de son prédécesseur, décuplées
par une somptueuse réalisation technique et un gameplay autant affiné
que parfaitement réglé. Bien sûr on pourrait dire que c'est
seulement l'un des premiers jeux mais je doute que l'un de ces futurs concurrents
puisse rivaliser, Wave Race premier du nom est resté la référence
jusqu'à sa suite. Avec un très bon Luigi's Mansion et un excellent
Rogue Leader, voilà une première fournée de jeux Gamecube,
certes réduite, mais déjà à la hauteur des espérances
des joueurs, surtout en terme de plaisir. Un jeu qui mériterait à
coup sûr une meilleure reconnaissance, tant ses spécificités
ne doivent pas l'empêcher d'avoir un succès conséquent,
peu importe que l'on aime le genre ou pas. Wave Race Blue Storm est une véritable
mine de plaisir, dont on fait trop vite le tour, hélas, en terme de challenge
mais c'est bien le seul regret le concernant.
Yan Fanel, mars 2002
Les
points forts |
Les
points faibles |
- La réalisation
technique, notamment les vagues |
- Le mode multi un peu léger |
- La physique
des vagues qui change radicalement le gameplay |
- Le manque de challenge |
- La direction
artistique, couleurs et décors |
|
- La sensation
de vitesse, très bien rendue |
WAVE
RACE - LA SERIE |
||
Wave Race | Gameboy | 1992 |
Wave Race 64 | Nintendo 64 | 1996 |
Wave Race 64 Shindou Edition | Nintendo 64 | 1997 |
Wave Race Blue Storm | Gamecube | 2001 |
Commentaires : Contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas sur Nintendo 64 que Wave Race est né mais bien sur Gameboy, avec un épisode vu de haut. Très peu maniable et franchement léger, ce n'est pas un épisode mémorable. En revanche, lorsque Wave Race 64 sort, c'est la folie. Les vagues sont incroyables pour l'époque et le gameplay réinvente le jeu de course pour le rendre dépendant de l'environnement (les vagues). La précision du gameplay et la réalisation lui assurent une superbe critique, malgré le peu de challenge proposé par le jeu. On se souvient d'une première version de Wave Race présenté dans la fameuse vidéo de présentation de la Nintendo 64, avec des vagues bien moins abouties mais une surprise de taille, car il fallait piloter une sorte de vaisseau flottant et non un jet ski. Après une version spécialement compatible avec le Rumble Pack, Wave Race ne connaître aucune suite sur N64. Nintendo
a ensuite l'excellente idée de confier la réalisation d'un
nouveau à sa branche américaine, NST (Nintendo Software
Technology) qui avait réalisé le fabuleux Ridge Racer 64.
Le défi est très similaire puisqu'il s'agit de reprendre
un gameplay existant et de l'améliorer tout en rehaussant la réalisation
technique. Wave Race Blue Storm est une superbe réussite pour NST
et n'aura aucun équivalent en matière de gameplay et de
sensation. Malheureusement, le peu de nouveauté témoigne
sûrement de l'épuisement du concept, hormis de nouveaux circuits,
il semble difficile de le faire évoluer, c'est sûrement pour
cette raison qu'un seul Wave Race sort par génération de
machine, afin de joueur sur l'effet de surprise technique. Tant que le
gameplay est aussi bon, on aurait tord de se priver. |
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WAVE
RACE (1992) |
WAVE
RACE (1992) |
WAVE
RACE 64 (1996) |
WAVE
RACE 64 SHINDOU EDITION (1997) |